jeudi 28 janvier 2010

LES DISPENSAIRES DE BALAN ET DE CARACOL-POISSON

LE PROJET EN COURS:
Financer chaque mois les médicaments et les fournitures médicales nécessaires aux dispensaires de Balan et de Caracol-Poisson.
Ils n’ont pas les moyens de les subventionner.
La population n’a pas les moyens de les acheter.
En effet, le salaire moyen en Haïti est de 2€/jour, un repas vaut 1€, une prescription médicale moyenne 3€ et peut coûter jusqu'à 7€...

LA PAROISSE DE BALAN:
La Paroisse de Balan est située 15km à l’ouest de Cap Haïtien, en bordure de la Baie de l’Acul sur la façade atlantique d'Haïti et à environ 45km à l'est de la mythique Ile de la Tortue.
Son dispensaire dessert le bassin de population des communes de Plaine du Nord et de l'Acul du Nord soit environ 40000 habitants.
Elle regroupe autour de l'Eglise, une école et un dispensaire sous la rsponsabilité de son Curé, le père Acnys.

La population vit d'agriculture vivrière, de pèche, et des multiples "petits métiers" tels que marchands ambulants, revendeurs d'essence, de pain, de canne à sucre.
L'élevage est très extensif et les troupeaux sont rares: il s'agit généralement de quelques têtes de bétail possédées par un famille.

La population haïtienne est forte de quelques 9 millions d'habitants pour une densité de 300 habitants/km² (en France la densité est de 100/km²). L'espérance de vie y est faible, en moyenne de 52 ans... La croissance de la population atteint 2% par an et 43% de la population a moins de 15 ans! La famille haïtienne est nombreuse et compte souvent plus de 6 enfants, ce qui n'empèche pas les parents de faire de gros sacrifices pour les envoyer à l'école, presque toujours privée et payante.

LE DISPENSAIRE DE BALAN:
Le dispensaire de Balan dispose d’un local vétuste et d’un terrain voisin que la Paroisse vient d’acheter pour y construire un nouveau dispensaire.
Le personnel du dispensaire est composé d’un médecin et d’une infirmière cubains en coopération pour des cycle de 24 mois, d’un médecin Haïtien à mi-temps, de deux infirmières haïtiennes, d’une économe et d'un logisticien à temps complet.


"Les locaux vétustes du dispensaire de Balan qui jouxtent l'Eglise."



L'ORGANISATION ACTUELLE DU DISPENSAIRE:


"Salle d'attente toujours bondée"



"La pharmacie du dispensaire..."



"Le local des plus succinct du dispensaire!"


"La partie dévolue à la pédiatrie avec un pèse bébé rudimentaire...On comprend que le Père Acnys se batte pour construire des locaux mieux adaptés!"

L'ESPOIR: LE FUTUR DISPENSAIRE:
Le Père Acnys Derozin, Curé de la Paroisse depuis 3 ans se bat pour la santé des familles de sa Paroisse et y développer le dispensaire.
Il a déjà bâti et organisé de toute pièce un dispensaire dans sa précédente Paroisse de Grisongarde dont il a été pendant 12 ans le Curé.
Depuis son arrivée, il a acheté un terrain proche de l'église pour y construire un dispensaire adapté aux besoins de la population.
Le nouveau dispensaire est aujourd'hui en construction au rythme des dons que le Père Acnys arrive à collecter et de l'aide matérielle de ses paroissiens.



"L'équipe de "mouns" (hommes en créole haïtien) au travail en 2008 sur le futur dispensaire"



FAPH a reçu l'aide de l'Ordre de Malte en France pour l'aider à évaluer les besoins médicaux et logistiques du dispensaire dans le cadre du plan de développement de la santé en Haïti.
L'équipe qui s'est déplacée a globalement validé les besoins du dispensaire et nous a aidé avec le Père Acnys à définir ce que devrait être le futur dispensaire pour faire face à ses tâches.


"Les plans du futur dispensaire"
(cliquez sur le plan pour agrandir)



LA PAROISSE DE CARACOL-POISSON

La commune de Caracol a une population est de 15000 habitants. La non disponibilité des services de santé 24 heures sur 24 faisait que cette population se déplaçait sur plusieurs kilomètres et même jusqu’à la frontière dominicaine pour se faire soigner dans des conditions exécrables.

Ce qui occasionnait des frais de transport excessifs, pour une population déjà sans ressources économiques, en plus des pratiques néfastes pour sa santé qui ne faisait qu’augmenter le taux de mortalité materno-infantile.



Devant ce constat, le curé de la paroisse le Père Joseph Francis Duvillage, CSC, qui souvent appelé en pleine nuit pour conduire les femmes qui accouchent dans les centres avoisinants a initié des démarches pour que Caracol puisse offrir à ses habitants un centre de santé permettant aux femmes, aux enfants et toute la population de recevoir des soins adéquats. Ce petit centre de santé fut donc ouvert le 16 février 2009 grâce à l’appui de CENTRECH et la CSI.


LE DISPENSAIRE DE CARACOL-POISSON

Ce centre dispense des soins par un personnel qualifié
Un médecin à temps à partiel,
Une infirmière à plein temps
Une à temps partiel
Un commis à la pharmacie
Une femme de ménage.
Le centre fournit des services du lundi au samedi de 8h30 à 15heures
En soirée et les dimanches, une infirmière est disponible pour répondre aux urgences.


FRÉQUENTATION DU DISPENSAIRE
Pendant l’année 2009, 1501 patients ont été soigné au centre dont :

Enfants : 439
Adultes : 829
Consultation prénatale : 54
Femmes enceintes : 95
Consultation postnatale : 18
Urgences Trauma : 41
Accouchement : 23
Accouchement référé : 2



LA SITUATION GENERALE DE LA SANTE AUTOUR DES DISPENSAIRES:

LE PROBLEME CRUCIAL, LES MEDICAMENTS:
Pour l’achat des médicaments, les dispensaires ont accès aux centrales d’achat de médicaments essentiels génériques de Caritas, Promess-Cogedep (OMS), 4C, et PDFAN.
Les soins dispensés sont gratuits, mais le dispensaire ne peut fournir de médicaments. Les médecins doivent se contenter de donner une prescription dont les médicaments ne seront pas achetés dans 90% des cas…

En effet, hormis les soins dont la gratuité est assurée par l’état Haïtien (vaccins pour les enfants, tuberculose et sida), le dispensaire n’a aucune ressource pour se procurer les médicaments nécessaires à une population de 40 000 personnes, répartie sur le vaste territoire de deux communes.
Statistiquement 15 à 20% de cette population a besoin de soins de première nécessité.
A celle-ci s’ajoutent les malades des communes éloignées.

Il n’est pas rare de voir des malades faire 3 à 4 heures de marche dans les mornes ou simplement sur la route pour se faire soigner: un déplacement en Taptap (transport collectif)coute 25 gourdes, soit 1/8 d'un salaire quotidien pour les 35% de la population ayant un emploi salarié régulier...

A ce jour, les seuls centres de soins raisoonnablement équipés de la région sont l'hôpital public Justinien au Cap Haïtien et l'hôpital privé et payant du Sacré Coeur à Milot.
Cette situation engendre un engorgement important des urgences des hôpitaux qui acceuillent les patients pour des soins de premières nécessités alors qu'ils pourraient être effectués dans un dispensaire bien médicalisé.


La « Carte d’Accès aux Services Primaires de Santé » établie par le Ministère de la Planification Externe de la République d’Haïti en 2004 montre clairement le déficit d’accès aux soins médicaux existant dans les communes du Nord où l’accès aux soins est qualifié de « faible » à « très faible »:


"Carte d'Accès aux Services Primaires de Santé, Ministère de la Planification Externe, Haïti"


Il est évident que le développement du dispensaire de Balan serait une amélioration importante de l’accès aux soins dans ces communes.
C’est un objectif raisonnable : en effet il existe déjà un minimum de logistique, un local et un personnel qualifié.


LE BUDGET ANNUEL:
Le budget annuel est donc de l’ordre de 17 000€ pour Balan et de 10 000€ pour Caracol-Poisson. Il est atteignable si chaque membre actif se mobilise pour drainer une collecte d’environ 4x70€/an auprès de ses amis et connaissances.


LES PATHOLOGIES A BALAN :
Le nombres des malades soignés par le dispensaire a atteint 7650 en 2008 pour un bassin global de population de 40000 habitants.

TYPOLOGIE & NOMBRE DE PATHOLOGIES:
Diarrhées : 350
Diarrhées avec deshydratation : 300
Tuberculose : 50
Infections respiratoires aigues: 350
Paludisme : 350
Grippe : 950
Hypertention : 300
Infections bacteriennes : 1500
Infections vénériennes: 850
Infections gynécologiques: 1500
Sida: 60
Infections cutanées: 850
Polytraumatisés de la route : 60
Blessures diverses : 180

Total: 14 pathologies et 7650 patients


COUT DES TRAITEMENTS (€):
Diarrhées : 295
Diarrhées avec deshydratation : 329
Tuberculose : 0
Infections respiratoires aigues: 171
Paludisme : 170
Grippe : 1079
Hypertention : 180
Infections bacteriennes : 2549
Infections vénériennes: 1071
Infections gynécologiques: 10500
Sida: 0
Infections cutanées: 850
Polytraumatisés de la route : 59
Blessures diverses : 36

Total (€) : 17289





LES PATHOLOGIES A CARACOL-POISSON

Dermatose : 161
Doul. Pelvienne : 5
Parasitose : 160
Amygdalite : 3
Diarrhée : 121
Œdème membre Inf. : 6
Vomissement : 39
Douleur .épigastrique : 64
Toux : 256
IST : 9
Fièvre : 262
HTA : 23
Malnutrition : 8
Anémie : 6
Douleur Abdominale : 84
Asthme : 5
IRA : 20
Anorexie :6
Infection vaginale : 40
Hémorragie : 4
Ictère : 1
Inf. urinaire : 13
Douleur d’oreilles : 7
fauuse-couche : 4
Colique : 22
Entéro- colite : 3
Hernie inguinale : 1
Glaucome : 2
Oreillons : 2
Cataracte : 9
Otite : 4
Diabète : 3
Typhoïde : 1
IGV : 1
Hépatite : 1
Rectorragie : 1
Crises convulsives : 2
Autres : 164
Conjonctivite : 16
Cas référés : 5

Dans la rubrique Autres : malaise, douleur lombaire, constipation, faiblesse musculaire, dépression



LES MODALITES DE L'AIDE DE FAPH :

FAPH transfert chaque mois les fonds nécessaires à l'achat des médicaments des deux dispensaires au centre COGEDEP (responsable du programme PROMESS de l'OMS) qui ouvre alors un "crédit médicaments" en faveur des dispensaires.

D'autre part, FAPH grace à l'aide de l'Ordre de Malte France participe et coordonne la construction du nouveau dispensaire de Balan.

Enfin, en accord avec le projet PARC (projet canadien d’organisation de la santé en Haïti) mis en œuvre à l’Hôpital Universitaire Justinien de Cap Haïtien pour la région, FAPH va mettre en place au dispensaire de Balan des procédures similaires de contrôle, de gestion des médicaments et de gestion de dossiers des patients.
Ceci permettra d’intégrer rapidement le dispensaire dans l’organisation future de la santé dans la région du Cap Haïtien: soins de première urgence en dispensaire, soins lourds à l’Hôpital.




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